La France face au défi de l’exclusion sociale

Sans-abrisme, crise migratoire, maladies orphelines, handicap, vieillesse ou stigmates psycho-sociaux post-carcérale, l’exclusion touche un large pan de la société française. Alors que « le collectif des morts de la rue » a dénombré 495 morts (liste non exhaustive) en 2019, 55 % des Français ont peur de sombrer dans la pauvreté, d’après un sondage IFOP pour Atlantico. Jean-Marc Roffat, journaliste depuis 30 ans et Président de l’association « Donner la main - Don de soi », nous offre sa vision de

l’exclusion sociale au quotidien. Cet ancien reporter de la chaine Télé Lyon Métropole s’est engagé dans le social, après avoir ouvert les yeux sur sa capacité à sauver des vies grâce à son métier. But de « Donner la main » : médiatiser les appels de détresse sur les réseaux sociaux - toutes situations désespérées - et organiser des événements grand public pour soutenir les associations.

Quels sont les types d’urgences rencontrés ?

Les urgences humaines surviennent quand il y a un danger vital. Par exemple, on me contacte pour m’alerter dès qu’un SDF risque de mourrir dans la rue et que personne ne s’en occupe ou bien lorsque des parents ont besoin de financer des traitements extrêmement chers à l’étranger pour sauver ou améliorer les conditions de vie de leur progéniture. La famille d’un enfant autiste avait besoin d’une cinquantaine de bénévoles pour stimuler au quotidien leur gamin, on a lancé un appel. Ce qu’il faut savoir, c’est que nous ne faisons pas toujours un appel d’argent, il s’agit de volonté et de charité humaine. Il m’est arrivé d’avertir des recruteurs en leur expliquant que s’ils recrutaient un sans-abri, ils allaient renforcer leur effectif mais également lui sauver la vie. C’est une valeur ajoutée.

Quel pourrait être le remède pour éradiquer l’exclusion sociale ?

Il y a une responsabilité politique, nous avons été reçu le 5 juin dernier à l’Élysée avec 30 propositions d’urgence pour venir en aide aux sans-abris. À l’heure où je vous parle, aucune d’entre-elles n’ont été retenues. Généralement, nous sommes bien reçu, écouté, mais aucun politique ne nous a annoncé mettre en action nos mesures. Prenons un exemple concret, nous avons alerté les politiques et les médias pour loger tous les sans-abris Lyonnais : nous avons trois cliniques murées à Lyon et aux alentours qui pour-raient être réquisitionnées cet hiver pour mettre au chaud tout le monde. Cette proposition a été énoncée à l’Élysée le 5 juin dernier. Sans résultat.

Pouvez-vous résumer vos 30 propositions…

C’est très long à articuler mais dans les grandes lignes ce serait d’amener les sans-abris dans les campagnes pour les repeupler, créer de l’emploi, du lien et rouvrir les écoles.

Quels sont les effets de l’exclusion sociale et les limites du système ?

Les associations telles que la « FEMAPE » ou « Donner la main », nous pallions les carences des professionnels du social, qui malgré leur énergie et leur travail laissent filer des personnes à travers les mailles de leurs filets. Nous remettons à l’emploi mais aller jusqu’à l’insertion ce n’est pas possible. Il faut simplement que les professionnels fassent leur travail. Des personnes se retrouvent livrées à elles-mêmes dans la rue, car elles ne sont pas aller au bout de l’accompagnement. En ce moment, un vieil homme en fauteuil roulant est abandonné de tous dans les rues de Lyon. Il devrait être dans une structure adaptée, tous les politiques, le 115 et la police sont au courant, mais on délaisse un homme âgé en situation de handicap, qui est racketté par des jeunes et contraint de faire la manche.

 

réaliser par notre équipe de journaliste.