L’épilepsie, qu’est-ce que c’est ?

Cette maladie neurologique toucherait environ 500 000 personnes sur notre territoire national. On en connaît aujourd’hui mieux les causes et les traitements pour atténuer les crises qu’elle provoque.

Pour répondre à nos nombreuses interrogations, nous avons posé nos questions à un médecin spécialisé en neurologie, le docteur H., praticien dans le département de l’Yonne.

Comment définiriez-vous cette maladie ?

‘C’est une maladie au cours de laquelle une décharge électrique intervient sur une population de neurones : une même décharge, dans un même temps et au même moment. Une crise dure quelques minutes et peut se manifester d’une trentaine de manières différentes : les bras et les jambes bougent jusqu’à faire perdre connaissance et l’équilibre au patient (crise tonico-clonique), le mâchonnement, le clignement des yeux, la crise de panique… En fonction de la zone du cerveau qui a déchargé, il existe de nombreux signes cliniques plus ou moins violents qui provoquent sur l’organisme un réflexe de défense. La crise s’arrête lorsque les cellules sont épuisées sur un plan métabolique. On dit d’un malade qu’il est épileptique lorsqu’il a subi au moins deux crises. Celles-ci peuvent avoir une fréquence complètement aléatoire allant d’une tous les 5 ans à 50 par jour.’

Connaît-on les causes d’une crise d’épilepsie ?

‘Pas toujours, non. Elles peuvent ne pas avoir de cause précise ou avoir une cause cachée. Elles peuvent être génétiques ou structurelles comme une dysplasie du cerveau. Elles peuvent aussi être dues à un traumatisme crânien, un Accident Vasculaire Cérébral, un infarctus, la maladie d’Alzheimer, une infection, un diabète, une tumeur cérébrale, une méningite, un manque de sommeil, un médicament, la cocaïne, l’alcool… ‘

Est-il possible de prévenir ces crises ?

‘Non. Les crises sont imprévisibles. Elles arrivent comme ça. Par contre, nous avons des traitements qui peuvent les empêcher et qui fonctionnent plutôt bien.’

Guérit-on de l’épilepsie ?

‘Dans le cas de l’épilepsie d’absence détectée chez les enfants, une forme qui se manifeste par une déconnexion de la réalité (l’enfant reprenant ses activités tout de suite après), cette forme peut effectivement se guérir. L’épilepsie myoclonique juvénile que l’on constate fréquemment chez les adolescents est une forme que l’on soigne, mais qui revient si le traitement est interrompu. Certaines formes se guérissent. Si l’on constate une absence de crise pendant 5 années consécutives, il est possible d’arrêter le traitement. Le diagnostic est mené au cas par cas. Chacun réagit différemment aux traitements selon la cause originelle du syndrome. L’électro-encéphalogramme permet de mesurer l’activité électrique du cerveau. Son interprétation peut rendre un diagnostic précis en fonction duquel un protocole médicamenteux sera proposé au patient.’

Une opération chirurgicale est-elle envisageable pour ce type de pathologie ?

‘Oui, tout à fait. Effectivement, selon l’origine et selon des critères bien définis comme dans le cas d’une sclérose hippocampique, il est possible d’intervenir en supprimant l’hippocampe. Cet acte chirurgical, très encadré, nous permet d’obtenir d’excellents résultats.’

Rappelons qu’un suivi médical régulier et adapté à chaque malade est nécessaire pour diminuer les crises. Grâce à la recherche et aux progrès de la médecine, les personnes épileptiques peuvent désormais mener des vies quasiment normales.

 

réaliser par notre équipe de journaliste.